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Indépendants et dirigeants

Indépendants et dirigeants : 5 particularités de votre retraite

Isabelle Rosse, conseillère retraite, Bientôt la retraitePar Isabelle Rosse · Publié le · 3 min de lecture

Agenda en cuir fermé, tasse de café et stylo posés sur une table en bois clair

Quand on est chef d'entreprise, artisan, commerçant ou en profession libérale, on pense rarement à sa retraite comme à celle d'un salarié. Et pour cause : les règles ne sont pas les mêmes, les choix faits pendant la carrière pèsent lourd, et la fin d'activité se mêle souvent à la cession de l'entreprise. Voici les cinq particularités qui reviennent le plus souvent.

1. Votre statut décide de votre régime

Deux dirigeants qui font le même métier peuvent avoir des retraites très différentes selon la forme de leur société.

Le président de SAS ou de SASU rémunéré est assimilé salarié : il cotise au régime général et à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, comme un cadre. Le gérant majoritaire de SARL, l'entrepreneur individuel et le micro-entrepreneur sont travailleurs non salariés : ils relèvent de la Sécurité sociale des indépendants pour les artisans et commerçants, ou de la caisse de leur profession pour les libéraux.

Les cotisations, les droits acquis et la protection sociale changent d'un statut à l'autre. Beaucoup de dirigeants ont changé de statut au cours de leur carrière, et se retrouvent avec plusieurs régimes à reconstituer.

2. Rémunération ou dividendes : un choix qui se paie à la retraite

Se verser des dividendes plutôt qu'une rémunération réduit les cotisations sociales. C'est souvent avantageux à court terme. Mais dans une SAS, les dividendes ne créent aucun droit à la retraite.

Un dirigeant qui s'est rémunéré au minimum pendant des années peut découvrir, à 60 ans, qu'il a validé peu de trimestres ou que son salaire annuel moyen est faible. Pour valider quatre trimestres dans l'année, il faut un revenu soumis à cotisations d'au moins 600 fois le Smic horaire. En dessous, l'année est incomplète.

Ce n'est pas une raison de renoncer aux dividendes. C'est une raison de faire le calcul tôt, avec votre expert-comptable, pour trouver le bon équilibre.

3. Des caisses différentes selon votre métier

Depuis 2020, la retraite de base des artisans et commerçants est gérée par le régime général, avec un calcul proche de celui des salariés : les 25 meilleures années de revenus et un taux qui dépend du nombre de trimestres. Leur retraite complémentaire reste propre aux indépendants.

Les professions libérales ont un fonctionnement particulier : une retraite de base calculée en points par leur caisse nationale, et une retraite complémentaire gérée par la caisse de leur profession, avec des règles qui varient fortement d'un métier à l'autre.

Les micro-entrepreneurs, eux, valident leurs trimestres en fonction de leur chiffre d'affaires déclaré. Un chiffre d'affaires modeste peut ne valider qu'un ou deux trimestres par an, voire aucun.

4. Les erreurs de carrière sont plus fréquentes

Les carrières de dirigeants cumulent souvent les sources d'erreurs : périodes salariées avant la création d'entreprise, changements de statut, années de démarrage avec peu de revenus, cotisations régularisées avec retard, affiliations successives à plusieurs caisses. Le relevé de carrière d'un indépendant mérite une vérification encore plus attentive que celui d'un salarié.

Autre point à surveiller : les cotisations doivent avoir été réellement payées pour ouvrir des droits. Une période de cotisations impayées peut ne pas être validée.

5. La retraite et la cession de l'entreprise se préparent ensemble

Pour un chef d'entreprise, la date de départ à la retraite et la cession de l'entreprise sont liées.

Côté retraite, il faut en principe cesser son activité pour toucher sa pension, sauf à remplir les conditions du cumul emploi-retraite, dont les règles changent pour les pensions qui débutent à partir de 2027.

Côté fiscal, un abattement fixe de 500 000 € peut s'appliquer sur la plus-value de cession des titres d'une PME, à condition notamment que le dirigeant parte à la retraite dans les deux ans qui précèdent ou suivent la cession. Le dispositif est prolongé jusqu'à fin 2031. Ses conditions sont strictes : un décalage de calendrier entre la cession et le départ peut le faire perdre.

C'est typiquement le sujet sur lequel retraite, fiscalité et droit des sociétés se croisent. Je travaille sur ce volet avec l'expert-comptable et le notaire du dirigeant, chacun dans son domaine.

Le bon moment pour faire le point

Pour un indépendant ou un dirigeant, la retraite se construit pendant la carrière, par les choix de statut et de rémunération, bien plus que pour un salarié. Plus le bilan est fait tôt, plus il reste de leviers. À cinq ans du départ, il permet encore de corriger le relevé, d'ajuster sa rémunération et d'articuler la date de départ avec la transmission de l'entreprise.

Article d'information générale, à jour à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé.

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