Aller au contenu
BientôtLA RETRAITE

Réforme et actualité

Suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ?

Isabelle Rosse, conseillère retraite, Bientôt la retraitePar Isabelle Rosse · Publié le · 4 min de lecture

Couple d'une soixantaine d'années assis sur un canapé, examinant ensemble des documents posés sur une table basse

La réforme des retraites de 2023 repoussait l'âge légal de départ de 62 à 64 ans, à raison de trois mois par génération. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a gelé cette progression. Pour les pensions qui prennent effet depuis le 1er septembre 2026, certaines générations peuvent donc partir plus tôt que prévu, avec moins de trimestres.

Toutes les générations ne sont pas concernées de la même façon. Voici qui y gagne, et de combien.

Les générations concernées : nées entre 1964 et 1968

La suspension bloque l'âge légal à 62 ans et 9 mois, celui de la génération 1963, pour les personnes nées en 1964 et au premier trimestre 1965. Le calendrier reprend ensuite, avec trois mois de décalage par rapport à ce que prévoyait la réforme.

Date de naissance Âge légal avant la suspension Âge légal aujourd'hui Trimestres exigés aujourd'hui
1963 62 ans et 9 mois 62 ans et 9 mois 170
1964 63 ans 62 ans et 9 mois 170 (au lieu de 171)
Janvier à mars 1965 63 ans et 3 mois 62 ans et 9 mois 170 (au lieu de 172)
Avril à décembre 1965 63 ans et 3 mois 63 ans 171 (au lieu de 172)
1966 63 ans et 6 mois 63 ans et 3 mois 172
1967 63 ans et 9 mois 63 ans et 6 mois 172
1968 64 ans 63 ans et 9 mois 172
À partir de 1969 64 ans 64 ans 172

Les personnes nées entre janvier et mars 1965 sont les plus avantagées : six mois de moins et deux trimestres de moins à valider.

Un exemple. Une salariée née le 10 février 1965 aurait atteint l'âge légal à 63 ans et 3 mois, soit un départ possible au 1er juin 2028. Avec la suspension, elle l'atteint à 62 ans et 9 mois : elle peut partir dès le 1er décembre 2027.

Qui n'est pas concerné

Les personnes déjà retraitées ne voient rien changer, leur pension reste calculée comme elle l'a été. Les générations nées avant 1964 ne sont pas touchées non plus : leurs règles étaient déjà fixées.

À l'autre bout, les personnes nées à partir de 1969 restent à 64 ans et 172 trimestres. La suspension ne fait que décaler le calendrier, elle n'efface pas la cible finale de la réforme.

Deux repères ne bougent pas : l'âge du taux plein automatique reste fixé à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres, et le mode de calcul de la pension est inchangé.

Et les carrières longues ?

Les départs anticipés pour carrière longue sont aussi ajustés pour les générations concernées, puisque le nombre de trimestres exigés baisse pour les personnes nées en 1964 et 1965. Les conditions restent toutefois strictes : il faut avoir commencé à travailler tôt et avoir suffisamment de trimestres cotisés, ce qui exclut par exemple les trimestres rachetés au titre des études. Chaque situation se vérifie au cas par cas, à partir du relevé de carrière.

Une suspension, pas une abrogation

Le mot a son importance. La réforme de 2023 n'est pas annulée : sa montée en charge est mise en pause. Le sujet reviendra dans le débat public, notamment à l'approche de l'élection présidentielle de 2027, et les règles pourraient encore évoluer pour les générations qui partiront dans quelques années.

Pour ceux qui partent dans les deux ou trois ans, la conséquence pratique est simple : se fier aux règles en vigueur au moment de la demande, et non à ce que l'on avait lu en 2023.

Ce qu'il faut faire si vous êtes né entre 1964 et 1968

Commencez par recalculer votre date de départ possible. Si vous aviez construit votre projet sur l'ancien calendrier, votre date a peut-être avancé de trois à six mois. Le simulateur du site vous donne votre nouvel âge légal en quelques secondes.

Vérifiez ensuite votre relevé de carrière. L'âge légal ne suffit pas : pour partir sans décote, il faut aussi avoir le nombre de trimestres exigé. Une période manquante sur le relevé peut faire perdre le bénéfice de la suspension.

Enfin, anticipez la demande. Elle se dépose en ligne sur info-retraite.fr, environ six mois avant la date de départ souhaitée. Partir plus tôt n'est pas toujours partir mieux : selon votre carrière, quelques mois de plus peuvent apporter une surcote ou éviter une décote. C'est ce que l'on compare lors d'un bilan, chiffres à l'appui.

Article d'information générale, à jour à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé.

AppelerPrendre RDV